Les gunas
Les Gunas: L’approche orientale des trois niveaux de conscience
En Orient, les trois gunas représentent les trois niveaux de conscience. Les gunas, que l’on appelle sattva, rajas et tamas, sont les attributs de la nature. Ces trois filaments complémentaires sont tissés partout dans la nature et influent, en tout ou en partie, sur chaque élément de l’univers. Le conscient, le subconscient et le supraconscient se rattachent respectivement aux attributs tamasiques, rajasiques et sattviques.
Sattva se rapporte à tout ce qui éclaire et comporte une charge positive (+). tamas est une force négative (-) dont la nature consiste à obscurcir; elle est toutefois essentielle, car elle est à l’origine de la forme. L’âme pénètre dans le corps physique grâce à la force tamasique. Une fois dans le corps, l’âme est sans cesse en lutte contre la force de gravité, qui s’exerce vers le bas, caractéristique typique de l’attribut tamas. C’est pourquoi tamas est considéré comme une force d’obstruction dont la nature est opaque.

Rajas, la force intermédiaire de ce trio, est neutre. Il s’agit simplement d’un pivot grâce auquel les forces sattviques et tamasiques peuvent jouer leur rôle et finalement nous aider à atteindre l’équilibre dans nos vies. Ces forces sont constamment à l’œuvre et sont présentes dans tous les aspects de la condition humaine, comme le plaisir et la douleur, l’amour et la haine, ou la bonté et la méchanceté.
Le corps physique est doté des cinq sens et c’est précisément à cause des cinq sens qu’il est considéré tamasique car, en général, nous maîtrisons difficilement nos sens, de même que les pulsions, les désirs et les attachements qui y sont associés. Ainsi, bien qu’il soit essentiel à la vie humaine et à l’évolution de la conscience, le corps peut devenir une véritable servitude, compliquant passablement notre quête inhérente d’équilibre.
Pour trouver cet équilibre, il devient nécessaire de cultiver des attributs sattviques comme la paix, la probité et l’amour inconditionnel, pour n’en nommer que quelques-unes. Il suffit d’apprendre à faire confiance à notre intuition et à notre âme, ou supraconscient, qui renferme une puissante force sattvique pleine de lumière.
Rajas, qui signifie « roi », est rattaché à l’esprit. Grâce à la position unique qu’il occupe entre l’âme et le corps, il est en mesure d’unifier les trois gunas ou de les séparer. Le véritable pouvoir de l’esprit réside dans sa capacité de devenir le véhicule parfait de la lumière sattvique qui illuminera, intégrera et purifiera le côté tamasique qui représente le corps physique.
Dans la Bhagavad Gita, Krishna dit à Arjuna : « L’esprit peut devenir ton meilleur ami ou ton pire ennemi. » Au bout du compte, l’esprit peut soit nous permettre d’éprouver un sentiment d’intégration à l’intérieur, soit nous laisser distraire par un monde de dualité dominé par les cycles incessants de la douleur et du plaisir.
Lorsqu’on apprend à intégrer les trois gunas (ou trois niveaux de conscience) dans l’univers, on devient complet, mieux intégré et plus en harmonie.
Les trois gunas, qui sont tissés dans toutes les fibres de l’univers, sont également présents dans le micro-univers de notre main. La paume renferme les trois gunas, tout comme chaque section, ou mont, de la main. Chaque mont contient également les trois gunas qui se subdivisent à leur tour en trois, etc.